Depuis sa domestication et dès lors que l'homme s'en est servi comme force de traction, le cheval a fait l'objet d'une sélection qui a façonné les différents types que l’on rencontre aujourd’hui dans les races actuelles.

Cet animal fabuleux fait partie de ma vie depuis toujours, il est en moi, mon oxygène, mon opium ; naturellement au fil du temps, de cavalière je suis devenue éleveuse.

C’est le cheval Frison qui arriva le premier auprès de moi, en 1992, avec Arianne, pouliche qui deviendra le pilier de mon élevage ; bien que ce soit l’Andalou qui m’ait fait découvrir la belle équitation…

Plus de quinze années passées dans le milieu du cheval Frison, m’ont appris beaucoup, façonnant pas à pas mon élevage : participation à de nombreux concours modèles et allures,  nombreuses réunions avec le stud-book, activités au sein du bureau de l’Association Française du Cheval Frison. 

Tout au long de ces années, j’ai voulu faire naître des chevaux Frisons avec de meilleures dispositions pour le dressage classique sans pour autant perdre cette singularité morphologique propre à la race et que j’aime tant… aussi me fallait-il faire ma propre sélection sans transgresser celle du stud-book. 

Néanmoins, un peu comme la quête du saint Graal, mon idéal d’un cheval à la morphologie "baroque", au mental exceptionnel et aux allures dignes de la belle équitation de tradition française me poussait inexorablement vers un apport de sang extérieur (la consanguinité chez le cheval Frison amenant beaucoup trop de contraintes et de risques). Tout au fond de moi, le magnifique Andalou n’avait cessé de virevolter de fougue et de majesté près de mon cœur durant toutes ces années.

Celui-ci chavira finalement en 2008 avec l’arrivée de mon "Bello" Tendero del Sol, poulain PRE que je voulais voir évoluer à mes côtés !

Au quotidien dans l’élevage, avec mes chevaux, je redécouvre cette intimité (que j’ai également en dressage ) où l’observation patiente prime devant l’action imposée, les laissant me "parler" en toute confiance réciproque. 

Et là, au fil du temps, comme une évidence chaque jour plus forte, le mariage heureux de mes juments Frisonnes avec mon bel Andalou se révélait à mes yeux !

En France, mais surtout aux USA, ce type de croisement existe déjà sous différentes dénominations.

Ne voulant plus dépendre d’une quelconque association ou stud-book de race, afin de défendre mes choix réfléchis d’éleveur, et de pouvoir faire parler mon cœur et ma passion pour ces deux races merveilleuses, je décidais d’asseoir ma sélection en le baptisant ; c’est ainsi que le cheval Andalzon a vu le jour en mai 2011, sans toutefois renier mon affixe De Val Castel qui a fait depuis tant d’années la référence de mon élevage en Frison.

 

 

 

Étalon Espagnol - Jacob de Gheyn (II) 1603


D’une réalité historique… vers une morphologie singulière pour une équitation de plaisir !


 Le cheval Frison est "né" dans une province du nord des Pays-bas, la Frise, tandis que le cheval Andalou vient de la vaste péninsule ibérique.

Du 16e au 18esiècles, après avoir été détaché pour partie du royaume de France (1529), l’occupation des Flandres par les Espagnols va fortement influencer ce plat pays !

Le cheval Frison, déjà présent et issu d’un fameux croisement de sang froid lourd continental et de poney celtique, façonnant un cheval tempéré, rustique et proche de l’homme (époque caroligienne),  se voit "anobli" par un apport de sang Andalou, entre autre par le Genet d’Espagne, cheval très apprécié des cours royales.

À cette époque, il est reconnu pour ses qualités de bon trotteur  "Hard Draver" et arbore toutes les couleurs de robes, héritées du cheval Andalou qui lui est très apprécié pour son aptitude aux airs relevés et à l’équitation savante.

Au fil du temps, la sélection en a fait des chevaux très proches, généreux, de véritables partenaires dans le travail au quotidien :

Le Frison choisi pour l’uniformité de sa robe noire, le trot puissant et ample restant son allure de prédilection, principalement carrossier mais aussi apprécié en Haute-École par les Princes ! 

Il fut d’ailleurs utilisé par de nombreuses races comme améliorateur...

L’Andalou, ancienne appellation qui donna naissance en 1966 aux deux stud-book du Pur Sang Lusitanien et du Pur Race Espagnol, montre une grande aptitude naturelle au « rassembler » et un instinct de guerrier qui lui confèrent beaucoup de réactivité, d’influx, d’impulsion et de sang-froid.

Depuis la fin du siècle dernier, la sélection du cheval Frison s’est davantage  orientée vers les disciplines sportives telles que le Dressage, ce qui a permis de voir apparaître des modèles beaucoup plus proches des origines, néanmoins, sans apporter de véritables qualités aux allures pour briller dans cette discipline.

 

 

Pour obtenir un cheval baroque, idéalement équilibré tant physiquement que mentalement, j’ai choisi de garder les qualités intrinsèques du cheval Frison que j’ai sélectionné au sein de mon élevage, tout en cherchant à lui apporter les atouts de l’Andalou, avec une préférence pour celui appelé de nos jours PRE.

Le cheval Andalzon pourrait se définir ainsi :

            Sa morphologie est harmonieuse et noble, son port de tête altier et ses courbes généreuses.

            Sa robe pourra être de couleur lumineuse comme : Isabelle, Palomino, Crème, Chocolat (Smoky Black), Alezan, avec aussi une touche nacrée (Pearl/Champagne) mais le gris, le bai et le noir n’en sont pas exclus loin de là… tous les goûts sont dans la nature.

            Ses allures sont naturellement rassemblées, souples et cadencées grâce à la puissance de son arrière-main et à un équilibre inné.

Enfin, l’Andalzon est un cheval au tempérament doux, confiant et généreux, doté d’une impulsion et d’une amplitude naturelle, ce qui pourra faire de lui à la fois un très beau et bon cheval de Dressage Classique, mais aussi un excellent cheval de Loisir, très agréable à monter ; également brillant en Spectacle.

Les Andalzons du Haras de Val Castel sont tous inscrits en OC (Origine Constatée) niveau Sport-Loisir, ce qui leur donne le droit de participer à tous les concours officiels !

Le cheval Andalzon n'a pas la prétention d'être une race, mais une entité à part entière... 

(Andalzon est une marque déposée auprès de l’INPI depuis le 24 mai 2012)

 

 Un cheval qui ne laisse pas indifférent, réunissant le meilleur des deux races.

 

Cécile Augier

 

Un cheval Frison monté par Pieter Schout lors de la Cavalcade en l'honneur du Prince Guillaume d'Orange en 1660. Thomas Keyser - peintre Hollandais



L'Andalzon, un cheval aux "origines constatées" :

L’Andalzon n’est pas une race mais le fruit de mariages réfléchis avec des objectifs de sélection bien précis. Il a de ce fait, des origines connues et certifiées. 

 

N’étant inscrit à aucun stud-book étranger reconnu ou non sur le territoire français, l’ appellation " Andalzon" est protégée puisqu'elle a fait l'objet d'un dépôt auprès de l'INPI et elle ne peut être dissociée de l'affixe de l'élevage "de Val Castel ». Un Andalzon est donc forcément un Val Castel.

 

 L'Andalzon peut donc être qualifié de  "plein papier" au même titre que sa parenté puisque sa généalogie est, quant à elle, répertoriée dans un stud-book ;

ses ascendants ayant eux-même un pedigree. 

Depuis 2009, les Haras Nationaux ont établi que les chevaux portant l’appellation « Origine Constatée » sont des produits nés en France, non inscrits à un stud-book et ne pouvant bénéficier d’aucune des appellations attribuées à une race reconnue en France. 

On retrouve donc sous cette appellation les équidés issus d’un croisement non prévu par un livre généalogique et dont l'âge ainsi que les deux parents sont connus et certifiés.



Cette classification de l’Andalzon en origine constatée lui permet d’accéder à toutes les compétitions officielles FFE ou SHF, au même titre que les chevaux de race.