Le marché du Frison


Cette race d’exception et ses seuls reproducteurs officiels, les étalons Stamboek, sont de plus en plus convoités par tous ceux qui ont un pouvoir d’achat important et les prix flambent littéralement sur le marché américain, russe et même chinois. 

Les éleveurs hollandais ont conscience de l’enjeu financier que représente cette perle nationale. S’ils acceptent de vendre un étalon aux Etats-Unis, c’est que les acquéreurs sont prêt à en payer le prix : Quelques millions de dollars, ou d’euros pour un étalon Stamboek…

 

Les hollandais aiment leurs frisons plus que tout et recherchent sans relâche la perfection pour atteindre les sommets : Obtenir un jour une jument Preferent ou un étalon Stamboek approuvé à vie. Mais sur tout un cheptel, combien de chevaux seront sélectionnés ? 

 

Les bons éleveurs connaissent extrêmement bien le Frison et préssentent quels sont les chevaux susceptibles de gravir les échelons de la sélection du FPS, les autres sont à la vente. 

 


Il y a donc plusieurs catégories de chevaux vendus par les hollandais : 

 

• Les premiers, principalement des juments déjà primées, sont vendus aux éleveurs étrangers qui investissent pour leur élevage. Toutefois, les juments à la vente de plus de 4 ans non pleines qui n’ont jamais eu de poulain cachent souvent une stérilité. 

 

• Les seconds sont les plus nombreux, de beaux mâles avec un bon papier ayant parfois échoué à Leeuwarden. S’ils ne sont pas vendus directement à un particulier, ils se retrouvent chez les marchands importateurs étrangers. Le prix alors annoncé au particulier est élevé. 

 

• Des poulains de moins d’un an font eux aussi le voyage, leur prix est assez raisonnable. 

 

• D’autres Frisons nés en Hollande, souvent les premiers proposés à l’acheteur étranger non averti, sont des chevaux "à problème" : Mauvaise conformation, mauvaises allures, vices rédhibitoires, etc. Ces Frisons se retrouvent eux aussi chez les marchands les moins scrupuleux, mais pas forcémment les moins importants, qui les ont acheté parfois sans même s’en rendre compte. Ces chevaux sont alors proposés aux mêmes prix que les précédents et c’est là que le particulier risque d'être dupé…


En France, les vrais éleveurs qui ont l’amour de la race et qui souhaitent sa pérennité font inséminer leurs juments exclusivement avec des étalons Stamboek.

Les coûts d’élevage sont élevés, les soucis sont nombreux mais l’amour porté à chaque cheval est aussi grand que le temps passé à le faire naître et grandir.

Ne peut être considéré comme éleveur celui qui importe des juments pleines et qui revend le poulain à un an ainsi que sa maman après les avoir présenté à un concours d’élevage, l’occasion d’obtenir une prime et de réévaluer le prix de vente. Ceci ne s’appelle pas de l’élevage mais plutôt du commerce. 

Les vrais éleveurs vendent peu et la demande est importante. Alors ce sont les importateurs qui accueillent tous les clients potentiels. Ils répondent à leur demande, ils proposent du choix et ils imposent leurs prix. 

Le client compare alors les prix des chevaux importés et ceux des éleveurs français ; il constate parfois peu de différence : Tandis que l'importateur compte sa commission de revente, l’éleveur essaie de rentrer dans ses frais (insémination qui peut échouer, mise-bas, vaccination, inscription du poulain, élevage pendant au moins 3 ans, débourrage, etc.). 

Les éleveurs souffrent de la main-mise des importateurs sur le marché français.

Ils sont passionnés mais discrets et ils se respectent les uns les autres. 

Les pseudo-éleveurs qui apparaissent dans la presse et dans les manifestations publiques sont des passionnés, certes, mais des commerçants avant tout. 

Aujourd'hui que la race est reconnue par les Haras Nationaux, ce qui permet d'inséminer les juments en France, l’élevage se développe davantage ce qui permettra certainement de disposer, par la suite, de quelques étalons Stamboek sur le sol français. La nécessité d’importer des chevaux de l’étranger pour la vente sera alors de moins en moins importante. Nous ferons naître et achèterons nos propres Frisons dans notre pays, sous l’égide des Haras Nationaux et du FPS, gardien de la race.