Ses origines


En Europe, à l’époque glacière vivaient deux espèces de chevaux. L’un était de petite taille, l’equus Gmelini ou tarpan, l’autre était plus grand, l’equus robustus également nommé equus occidentalis ou grand cheval occidental. Il semblerait que le cheval frison descende de ce dernier. 

Le cheval Frison est l'une des races équines les plus anciennes au monde, elle est restée quasiment pure durant toute son histoire. 

C'est la seule race indigène des Pays-Bas.


Son évolution

 

• Au Moyen Age, sa robe de couleur unique, sa longue crinière et ses allures particulièrement relevées le réservaient exclusivement aux seigneurs.


• Au 16ème et au 17ème siècle, le sang andalou est introduit dans la race frisonne par le biais des chevaux venus d’Espagne. L’empire de Charles Quint et des Habsbourg s’est étendu en effet jusqu’aux terres les plus au Nord de l’Europe. 

Il en a résulté un trot gracieux, une petite tête et un port d’encolure haut et altier. 

Le cheval frison était alors très utilisé pour la haute-école grâce à ses allures hautes et légères, supérieures à celles d’autres chevaux de cette époque.


• Au 18ème siècle, durant l’occupation de la Hollande par la France, la race et ses caractéristiques ont été protégées par des décrets des rois de France. Le frison est en effet apprécié par les officiers de l’armée française pour son trot rapide et élégant.


• Au 19ème siècle, les courses étaient des fêtes populaires en Hollande. Les chevaux étaient montés ou attelés à la voiture traditionnelle qu’est la chaise frisonne (sjees), petite voiture élégante à deux roues de style rococo. 

Néanmoins, les lois favorisant l’élevage du cheval frison disparurent vers 1865 et l’alourdissement du matériel agricole favorisera l’importation de races de traits lourds allemande et belge. 

Dix ans plus tard, des milliers de chevaux frisons furent exportés vers les pays baltes, scandinaves, le Pologne et la Russie. Autour de 1890, beaucoup d'étalons furent importés en Angleterre et influencèrent plusieurs races. Le Frison sera alors utilisé à des fins sportives, surtout comme trotteur de course (harddraver) sur de courtes distances de 300 et 600m. 

En 1895, il fut exporté vers les Etats-Unis et le Canada afin de répondre aux besoins de ces grands pays en énergie motrice ou encore dans les forces armées.


• Au début du 20ème siècle et plus précisément en 1910, le frison connut son premier déclin. En 1913, il ne restait qu’une centaine de juments et trois étalons. Grâce à l’association “Het Friesch Paard” (le cheval frison) créée par des passionnés, le nombre de chevaux commença à augmenter et le système de sélection des jeunes reproducteurs se mit en place. Les étalons Paulus et Prins, issus d’anciennes et bonnes lignées de sang devinrent les piliers du nouvel épanouissement de la race. En 1954, la reine Juliana devint la protectrice de l’Association royale des éleveurs de frisons.

• C’est entre 1960 et 1970 que la race connut sa seconde crise et faillit cette fois disparaître. En effet, l’engouement du sport équestre et principalement le saut d’obstacle a eu pour cause l’introduction du pur-sang anglais dans toutes les races européennes au détriment des types traditionnels. 

Les paysans frisons, fiers et traditionalistes, continuèrent néanmoins à élever leurs chevaux en race pure en évitant tout croisement, même au risque de fortes consanguinités. Ils préférèrent se battre avec cet inconvénient plutôt que de risquer de perdre les caractéristiques séculaires de la race avec des croisements inopportuns. Ceci put se faire notamment grâce aux travaux de l’université d’Utrecht. De nombreuses épreuves de sélection aux exigences sévères ont été instituées et un plan d’élevage est établi pour assurer le maintien d’une souche d’élite de jeunes étalons comme base d’une descendance de haute qualité.

L’apport de sang frison dans d’autres races 


Le patrimoine génétique du cheval Frison constitue une étape importante dans l'amélioration de nombreuses races de chevaux et de poneys. 

500 ans avant J.C., le peuple frison vint s’installer sur les territoires bordant l’actuelle Mer du Nord. Des cavaliers frisons servirent dans les légions romaines comme “Equites Singulares” sous l’Empereur Néron (54-68) et en Grande-Bretagne, où ils furent préposés à la protection du mur d’Hadrien, construit en 120. La pierre tombale d’un cavalier frison, qui avait servi dans les légions romaines, a été retrouvée à Cirencester (Gloucestershire) en Angleterre.

Au début de l’Ere Chrétienne, la juridiction frisonne couvrait les côtés de la Mer du Nord (Mer Frisonne) s’étendant de la Belgique actuelle (Het Swin) jusqu’au Weser en Allemagne et qui s’étendait plus tard même jusqu’à la frontière du Danemark. Les Frisons étaient navigateurs, marchands, éleveurs de chevaux et agriculteurs. Avant l’arrivée des envahisseurs normands (800-1000), les Frisons étaient connus pour leurs qualités de navigateurs de transport. Ils faisaient commerce de bétail, d’épées, de tissus et de chevaux, et exportèrent vers des contrées lointaines.

Le Döle Gudbrandsdal de Norvège descend directement du cheval Frison. Beaucoup de chevaux britanniques sont également de souche frisonne : Les mercenaires frisons étaient nombreux dans les rangs auxilliaires des légions romaines établies en Angleterre et ils y demeurèrent longtemps après le départ des Romains. L’influence du Frison est manifeste chez le poney Dales et le Fellainsi que chez l’Old English Black des Midlands, que montaient les membres de la Garde Royale sous le règne de Charles II (1660-1685). Il est l’ancêtre incontesté du Shire, du Clidesdales, du trotteur Orlov, du Oldenbourg et duFrison Oriental, tous deux chevaux de sport. En Italie, le Murgese (cheval des Pouilles) a quand à lui, une conformation très proche de celle du Frison. 


Le Frison, appelé pendant un temps Harddraver (bon trotteur), a contribué à l’élaboration de toutes les races de trotteurs de courses par l’intermédiaire duHackney qui est l’un de ses descendants. Dans les Pyrénées, on élève le poneyMérens qui possède certaines ressemblances avec le Frison. On suppose que ces deux races constituent chacune une descendance de l’ancien cheval de l’époque glaciaire.

Déjà en 1625, les chevaux frisons étaient exportés vers les pays qui plus tard devinrent les Etats-Unis d’Amérique. Les Hollandais fondèrent en 1609 sur le territoire découvert une ville nommée Nouvelle-Amsterdam, qu’ils durent abandonner aux Anglais en 1664 et son nom devint alors New-York. A l’époque, des annonces de journaux américains comportaient alors des offres de trotteurs d’origine hollandaise, sans doute des Frisons, aussi, sont-ils certainement à l’origine du Morgan Horse. En raison de leurs qualités, des étalons Frisons furent importés par l’Electeur George Guillaume de Prusse (1624) par les fameux Haras de Frederiksborg, de Salzbourg, de Kladrub en 1771 et dernièrement l’étalon Romke 234 pour améliorer les Kladrubers noirs. 

En 1957 et 1958, par l’intermédiaire du Stamboek, des chevaux Frisons ont été exportés en Afrique du Sud pour le compte du Baron Clemens Von Nagel dans le but d’améliorer l’espèce importée là-bas autrefois sous le nom de Cheval Flamand. 


Shire
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